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Vertige d’un soir

Vertige d’un soir —
des pensées de papillons
mourront dans la nuit

© Patrick Bonnet, 2017.

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– !? –

Cette suite d’exclamations et d’interrogations figure un/des dialogue(s) imaginaire(s) entre des personnes – ou plutôt des éclats de voix – croisés dans la rue depuis plusieurs années, ou un monologue schizophrénique – créant ainsi un continuum émotionnel.

– !? –

– Bonjour !
– Pardon ?
– Ça va ?
– Merci !
– À bientôt !
– S’il vous plaît !
– Comment allez-vous ?
– Quoi ?
– Salut !
– Hé mec !
– T’as vu ça ?
– Non !
– Poussez pas !
– Attendez-moi là !
– T’es où ?
– Allô !
– Madame ?
– Yes !
– Je jouis !
– C’est toi ?
– T’as vu mes clefs ?
– Merde !
– Allez !
– Poussez fort !
– Votre nom ?
– Putain !
– Je peux vous aider ?
– J’aime ça !
– Comment ça ?
– Vous avez l’heure ?
– Oui !
– Trop cool !
– Pauvre France !
– Vous avez d’la monnaie ?
– M’ouais !
– Bof !
– Je vous emmerde !
– Monsieur !
– Aïe !
– T’es là ?
– Je t’aime !
– À vos souhaits !
– Tu suce ?
– Non merci !
– Je peux avoir un verre d’eau ?
– J’ai mal aux pieds !
– Tu vas où là ?
– Avancez derrière !
– Dans ton cul !
– Tu m’aimes ?
– J’ai envie de toi !
– Mm !
– C’est combien ?
– Tu veux mon dessert ?
– Maman !
– Vous me faîtes tous chier !
– Truc de ouf !
– C’est pas possible !
– Arrêtez ça !
– Je te l’avais dit !
– Vous auriez 50 centimes ?
– C’est gratuit ?
– Pitié !
– J’ai faim !
– C’est n’importe quoi !
– T’as un problème ?
– J’ai froid aux mains !
– Dépêchez-vous !
– Quel temps il fait chez vous ?
– On fait comment ?
– Tu lis quoi ?
– Connard !
– Salope !
– On va tous crever !
– À plus !
– Bonne chance !
– Au revoir !

– Excusez-moi !
– C’est quoi ce truc ?

© Patrick Bonnet, 20 décembre 2016.

La solitude est un aigle

 

Je suis réveillé par un cafard
qui grimpe le long de ma jambe,
je sursaute de terreur et l’écrase,
je jure, cri, hurle
et vais dans la salle de bains
vomir du sang.

*

La solitude est un aigle,
qui plane au-dessus de nos têtes,
quand ses ailes brassent le vide,
ses griffes nous arrachent le cœur.

© Patrick Bonnet, 1994.

il n’ Ya rie n

il n’ Ya rie n à

Esp é r er
la tri st e viol en ce
es t l à c om me un es ou r ce
or i gi n el le o ù
il y a l es an ci en s am ou r s m or t s
es p é r er
to ut c o m p rendre
pou r s’ ou b lier un mo ment.
lape n s é e est là
T ou t se met e nord r e
d et ou r bill on,
le si l lus ions s’en ch a î n en t
et s’ i m pose nt
il n’ Ya ri en à a t t en d r e
si n on de m arche r.
T ou t es t f on c t ion ne l

L es ch o ses tien n en ta peu d echo ses.

© Patrick Bonnet, 24 octobre 2016.