Dans une chambre d’hôpital

Dans une chambre d’hôpital
Où l’on ne pleure qu’en sortant,
Dans un mouroir aux murs bleus sales
Où l’on recueille les perdants :

Il y a comme un sifflement
En bas, tout au fond d’une gorge,
Un roulis de cailloux très lents
Qui s’entrechoquent puis s’engorgent.

Tout vibre dans le ronflement
Poussif d’un vieux moteur usé
Qui encrasse toutes les dents,
Les noires et grises et les cassées.

Endormi sur son dernier lit
En coton blanc taché de sang,
De vin, de larmes et de vomi,
Le cœur noir s’éteint lentement.

Je sens comme une fin très proche,
Une de celle encore tragique
Qui se perd dans un son de cloche,
Dans un dernier souffle magique.

© Patrick Bonnet, 2004.

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